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ÉmotionsFrançais

Le lapin de la lampe

— Je vais l'attendre ici, dit Lou en posant son menton sur la fenêtre.

Lou était une petite fille, et sa grand-mère Mamie Roz était partie ce matin pour trois longues nuits. Lou voulait une seule chose : que Mamie Roz revienne. Et comme elle ne pouvait pas, elle voulait au moins que la maison ne soit pas trop silencieuse.

Mais la maison était silencieuse. Le fauteuil de Mamie Roz était vide. Dans le coin du salon, la grande lampe jaune était éteinte et sombre.

— Allume-toi, lampe, dit Lou.

Rien. Dans cette maison, tout le monde savait que la lampe jaune ne brillait que lorsqu'on riait près d'elle. Lou essaya de sourire. Ça ne marcha pas. Elle essaya de faire une grimace. La lampe resta noire.

Alors Lou se leva et prit le coussin de Mamie Roz. Il sentait la lavande. Elle le serra fort, puis elle le posa dans le coin sombre, juste sous la lampe.

— Tu me manques, Mamie, dit-elle tout bas.

Soudain, le coussin fit « pouf » et laissa échapper un petit nuage de plumes. Une plume vola, vola, et se posa sur le nez de Lou.

— Atchoum ! fit Lou.

Elle rit. Un petit rire, d'abord. La lampe jaune fit : clic, et elle brilla un tout petit peu.

Lou regarda la plume, puis la lampe. Elle souffla sur la plume, qui sauta en l'air. Elle rit encore, plus fort. La lampe brilla davantage.

Lou prit un autre coussin et l'installa dans le fauteuil. Elle fit danser les plumes, une à une, jusqu'à ce que la lampe soit aussi jaune qu'un beurre tout neuf.

— Voilà, dit Lou. Maintenant, la maison a de la lumière pour quand tu reviendras.

Elle s'assit dans le fauteuil de Mamie Roz, le coussin à lavande sur les genoux. Dans le coin, la lampe ronronnait doucement, chaude et dorée, et une dernière plume tournait, tournait, au-dessus de la tête de Lou.