ÉmotionsFrançais
Le nuage et la balançoire
Zéphir le petit nuage flottait au-dessus d'un porche en bois, et il comptait les gouttes qu'il gardait dans son ventre. Une, deux, trois, quatre… Il y en avait juste assez.
Zéphir voulait faire pleuvoir sur la graine de Mina. Mina l'avait plantée dans un pot, près de la balançoire qui grince. Chaque matin, elle venait voir. Chaque matin, il n'y avait rien.
Mais ce matin, Zéphir était tout triste. Il se sentait gris et lourd.
— Je suis trop petit, dit-il. Je ne sais même pas pleuvoir.
Il essaya. Il se serra très fort. Pschitt. Une seule goutte tomba, à côté du pot, sur une planche.
Mina arriva en chaussettes. Elle regarda le pot, puis la planche mouillée.
— Encore rien, dit-elle. Et elle s'assit sur la balançoire.
Crrric, crrric, faisait la balançoire.
Zéphir essaya autrement. Il souffla, il trembla, il fit des grimaces. Rien. Alors il s'arrêta et il écouta. Crrric, crrric. À chaque grincement, la balançoire secouait un peu le porche, et à chaque secousse, quelque chose bougeait en lui.
— Oh, murmura Zéphir. Je suis chatouillé.
Il se mit à rire, et en riant, il tremblait. Et en tremblant, les gouttes sortaient. Plic, plic, plic, doucement, juste sur le pot.
Mina leva la tête.
— Il pleut ! dit-elle. Juste là !
Elle descendit de la balançoire et se pencha sur la terre. Les pas de ses chaussettes brillaient sur le bois, une lueur toute pâle. Au milieu du pot, quelque chose de vert et de minuscule perçait la terre.
— Regarde, Zéphir, dit Mina. Elle est là.
Zéphir ne dit plus rien. Il était léger et rond, et il avait encore une goutte pour la fin.
Crrric, crrric, faisait la balançoire, de plus en plus doucement, jusqu'à s'arrêter.