Aller au contenu

ÉmotionsFrançais

Le lapin de Lou

Dans la boulangerie du village, il fait chaud et ça sent le pain qui gonfle.

Lou y vient chaque matin avec son doudou, un petit lapin gris aux oreilles toutes molles. Ce matin, ses mains sont vides.

« Mon lapin ! Où est mon lapin ? »

Lou cherche sous le comptoir. Il n'y a que de la farine. Atchoum !

« Je ne l'ai pas vu, dit la boulangère en pétrissant sa pâte. Moi, je dois sortir les baguettes. »

Lou ouvre la première porte, celle du placard à tabliers. Des tabliers, des tabliers, encore des tabliers. Pas de lapin.

Lou ouvre la deuxième porte, celle de la réserve. Des sacs de farine, grands comme des oreillers. Pas de lapin non plus.

Lou s'assoit sur une caisse. Son nez pique. Alors elle regarde l'épouvantail du jardin, derrière la vitre. Dans cette boulangerie, il tourne toujours la tête du côté où se rassemblent les corbeaux, et personne n'y trouve rien d'étrange.

Ce matin, il regarde vers la porte du fournil, la troisième porte. Et tous les corbeaux sont là, sur le toit, tournés vers elle.

« Pourquoi vous regardez par là ? » demande Lou.

Les corbeaux ne répondent pas. Ils ont faim, c'est tout. Ils sentent le pain chaud.

Lou pousse la troisième porte. Le four ronronne. Sur le banc, à côté d'une plaque de petits pains, il y a deux oreilles molles, toutes tièdes.

« Mon lapin ! Tu étais au chaud ! »

Lou le serre fort. Il sent la croûte dorée et la farine.

Dehors, l'épouvantail se retourne doucement, et les corbeaux s'envolent. Frrrou ! Dans le fournil, les petits pains finissent de dorer, et Lou, le nez contre les oreilles du lapin, écoute le four ronronner.