ÉmotionsFrançais
Le bouton rouge de Léo
Léo a trouvé un bouton rouge sous son oreiller. Il était gros comme une noix, et il brillait.
Ce matin-là, Léo voulait finir sa tour de cubes. Une tour jusqu'au plafond, pour sa maman, qui rentrait ce soir.
Il posa le dernier cube tout en haut. La tour tremblait, tremblait… et crac ! Elle tomba par terre. Boum, boum, boum.
Léo serra les poings. Son ventre devint chaud comme une bouilloire.
– Je veux plus ! cria-t-il. Je veux plus jamais !
Il appuya sur le bouton rouge, de toutes ses forces. Alors, un petit chat gris sortit de l'oreiller. Il portait un tablier.
– Je suis le chat des grosses colères, dit-il. Je viens balayer. Tu as une grosse colère ?
– Oui, dit Léo. Très grosse.
Le chat ne la prit pas. Il sortit un balai et se mit à balayer le tapis, pour lui-même. Les cubes lui chatouillaient les pattes.
Léo tapa du pied. Le chat continua de balayer.
Léo cria plus fort. Le chat éternua, et c'est tout.
Alors Léo se jeta sur le tapis et grogna comme un ours. Il grogna, grogna, grogna, jusqu'à ce que sa gorge soit toute sèche.
Le grognement devint plus petit. Puis il devint un souffle.
– Ouf, dit Léo.
Il regarda ses poings. Ils étaient ouverts, tout mous. Le ventre n'était plus une bouilloire. Il était tiède, comme une tasse.
Un cube roula contre son pied. Un cube bleu.
Léo le prit. Il le posa par terre, bien à plat. Puis un deuxième, un troisième. Cette fois, il fit la base plus large.
Quand il se retourna, le chat n'était plus là. Il restait le balai, appuyé contre le mur, et le bouton rouge, éteint, sur l'oreiller.
La tour montait, cube après cube. Elle ne tremblait plus. Dans la chambre, on entendait juste le petit tic-tac de chaque cube qui se posait sur l'autre.