Famille et maisonFrançais
La fève dans le pain d'oiseau
Dans la boulangerie, une pie venait de poser une petite fève de porcelaine sur le comptoir. Elle était toute seule, au milieu de la farine.
Lou la regarda de très près. Elle avait la forme d'un petit lapin bleu.
« D'où tu viens, toi ? » demanda-t-elle.
Ici, les oiseaux portaient les petits objets d'un nid à l'autre, jamais par le même chemin. Personne ne trouvait cela étrange. Le boulanger disait seulement : « Merci, madame la pie », et il ouvrait la fenêtre.
Lou, elle, avait un plan. Ce soir, pour la galette, elle voulait que sa grand-mère trouve la fève dans sa part. Alors elle serait la reine, avec la couronne dorée. Mamie n'avait jamais été reine, pas une seule fois.
Lou souleva un coin de la galette. Sous la croûte dorée, il y avait la crème, bien tendre. Elle glissa le lapin dedans.
Mais la galette était déjà coupée. Quelle part pour Mamie ? Lou ne savait plus où elle avait mis la fève. Elle poussa une part, puis une autre. Rien.
« Cuic ! » fit la pie, et elle sauta sur la galette.
« Non, non, non ! » cria Lou.
La pie donna des coups de bec partout. Toc, toc, toc ! Des miettes volèrent dans toute la boulangerie. Lou se boucha les oreilles. C'était trop fort.
Alors elle remarqua quelque chose. La pie ne piquait jamais deux fois au même endroit. Et chaque fois, elle penchait la tête, comme pour écouter.
Lou se tut. Elle posa son oreille tout contre la croûte et tapota doucement, du bout du doigt. Toc. Toc. Un son plein. Toc. Un autre son, plus dur : tic !
« Là ! » dit Lou.
Elle coupa la part avec précaution. Le petit lapin bleu était là, tout collant de crème.
Le soir, Mamie croqua dans sa part et fit : « Oh ! »
Elle leva la fève au-dessus de sa tête. Sur le rebord de la fenêtre, la pie les regardait, la tête penchée.
Lou posa la couronne dorée sur les cheveux gris de Mamie. Elle était un peu de travers, et pleine de miettes.