Famille et maisonFrançais
Pouic, pouic, la sentinelle du labyrinthe
Léo est caché dans le labyrinthe de la haie, le dos contre les feuilles. Il ne bouge pas. Papi arrive aujourd'hui, et Léo veut lui faire une surprise. Il va sauter devant lui et crier : « Bouh ! »
Soudain, il entend un bruit.
Pouic, pouic.
Léo retient son souffle. Ce bruit ressemble à celui d'un canard en caoutchouc. Il vient de la gauche. Non, de la droite. Non, de derrière.
« Où es-tu, papi ? » murmure Léo.
Il avance sur la pointe des pieds jusqu'au premier tournant. Personne. Il essaie l'autre tournant. Personne non plus.
Pouic, pouic.
Les murs verts sont si hauts que le bruit rebondit partout. Léo ne sait plus quel chemin prendre.
Alors il s'assoit sur l'herbe, les mains sur les genoux. Il ferme les yeux et il écoute, très fort.
Pouic, pouic. Puis rien. Puis pouic, pouic.
« Le bruit s'arrête quand papi s'arrête, pense Léo. Et il revient quand papi marche. »
Il compte les pouic. Un, deux. Ils sont de plus en plus gros. Ils sont tout près, juste de l'autre côté de la haie, là où il y a un petit trou entre deux branches.
Léo se lève sans faire de bruit. Il prend une grande inspiration et il saute dans le passage.
« Bouh ! »
Papi sursaute et lâche son sac. Trois poires roulent sur le chemin.
« Oh là là ! dit papi en riant. Quelle peur ! Je te cherchais partout, moi. Je voulais te donner ça. »
« Pourquoi tu fais pouic, papi ? »
Papi montre ses chaussures, toutes neuves et toutes jaunes. « Ce sont mes bottines du dimanche. Elles chantent quand je marche. »
Léo ramasse une poire. Ils s'assoient ensemble sur l'herbe, au milieu du labyrinthe. Papi remue le pied, juste pour voir.
Pouic, pouic, font les bottines, tout doucement, et Léo croque dans sa poire.