Aller au contenu

Amitié et gentillesseFrançais

La balançoire de Moustache

Lou était un petit garçon qui avait une moustache. Une vraie, toute grise, qui lui poussait sur le nez, parce que Lou était un chat.

Ce matin-là, Lou voulait faire de la balançoire. Il avait couru jusqu'au parc, sa queue en l'air comme un point d'exclamation.

Mais Pomme, une petite fille en bottes jaunes, était déjà assise dessus.

— Je peux y aller, moi aussi ? demanda Lou.

— Chacun son tour, dit Pomme. Mais je viens de commencer.

Lou s'assit dans l'herbe. Il attendit. Pomme allait en avant, en arrière. Le portillon du parc chantait à chaque coup de vent, comme il le faisait toujours : do, mi, sol.

« C'est long », pensa Lou.

Alors il essaya de miauler très fort. Pomme ne s'arrêta pas. Il essaya de faire ses yeux tout ronds. Pomme ne le vit même pas.

Lou soupira. Puis il remarqua une chose. Quand la balançoire montait, le portillon chantait do. Quand elle descendait, il chantait sol. Les deux allaient ensemble.

Lou eut une idée. Il se mit à compter tout bas, au rythme de la chanson.

— Do, mi, sol… Do, mi, sol…

Pomme l'entendit. Elle se mit à rire.

— Tu comptes mes allers et retours !

— Oui, dit Lou. Quand on arrive à dix, c'est mon tour. Tu veux bien ?

— D'accord. Mais tu comptes avec moi.

Ils comptèrent ensemble. Un, deux, trois… À dix, Pomme laissa la balançoire ralentir. Elle sauta par terre, toute contente.

Lou monta. Les chaînes firent un petit « crrrik ». Il se balança, en avant, en arrière, les moustaches dans le vent.

— Do, mi, sol ! chanta le portillon.

— Do, mi, sol ! chanta Pomme, assise dans l'herbe.

Et Lou, qui montait jusqu'au ciel, se mit à ronronner de plus en plus fort, jusqu'à ce que la balançoire s'arrête doucement.