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Amitié et gentillesseFrançais

Le coussin de Lou

Lou construisait un fort avec tous les coussins de la maison. Il en avait onze. Le plus grand, le coussin rouge à pompons, formait le toit.

« Ma maison de géant ! » dit Lou.

Son petit frère Noé arriva en courant. Il voulait entrer aussi. Il passa la tête sous le toit, et le toit s'écroula. Pouf ! Les coussins roulèrent partout.

Lou devint tout chaud dans le ventre.

« Tu as tout cassé ! Va-t'en ! »

Noé resta là, sans bouger. Puis il partit, tout doucement.

Lou ramassa un coussin. Il en posa un deuxième. Mais le toit retombait toujours. Il essaya de le caler avec une chaise. Pouf ! Il essaya avec un livre. Pouf ! Le fort ne tenait pas.

Lou soupira. La maison de géant était bien vide, sans personne dedans.

Dans le couloir, il entendit un petit bruit. Reniff, reniff. Noé pleurait derrière la porte.

Lou regarda le coussin rouge à pompons. Il pensa à la tête de Noé, et à ses mots à lui, qui avaient piqué comme des orties.

Il sortit du fort.

« Noé ? Je suis désolé d'avoir crié. Pardon. »

Noé renifla encore une fois.

« Et moi, pardon d'avoir fait tomber ton toit. »

« Tu sais quoi ? dit Lou. Il y a une idée dans ma tête. Un géant ne peut pas tenir le toit tout seul. Il lui faut un petit géant. »

Noé essuya son nez avec sa manche.

Ils retournèrent ensemble dans le salon. Lou posa les murs. Noé tint le coussin rouge, les deux bras en l'air, la langue entre les dents. Lou glissa la chaise sous un coin.

Le toit ne bougea plus.

« Pardon, pardon », chantonna Noé, tout bas, pour lui-même.

Dans le fort, il faisait sombre et doux. Les pompons rouges se balançaient au-dessus de leurs têtes. Et les deux géants, serrés l'un contre l'autre, écoutaient la pluie sur la fenêtre.