Imagination et émerveillementFrançais
Léo et la cloche muette
Léo était un petit lapin qui n'avait qu'une oreille levée. L'autre pendait toujours, comme une chaussette mouillée. Et ce matin-là, il voulait une seule chose : trouver le premier œuf de Pâques avant tout le monde.
Dans le jardin, les cloches de Pâques étaient revenues de très loin. Elles avaient laissé des œufs partout. Mais la grande cloche dorée, celle qui dit « Ding-dong ! », devait sonner la première pour que la chasse commence.
Léo attendit sous le pommier. Il attendit longtemps.
— Ce n'est pas encore l'heure, dit la vieille poule Bérénice, qui cherchait des vers. Moi, j'ai mon travail. Toi, patiente.
— Mais j'ai tellement envie ! dit Léo.
Il essaya de regarder sous les buissons. Il ne vit rien. Il essaya de renifler l'herbe. Il sentit seulement la terre. Alors il s'assit, tout triste, et son oreille qui pendait toucha le sol.
Et là, il entendit quelque chose. Tout petit. Un « tic-tic » dans l'herbe.
Son oreille pendante entendait ce que l'autre n'entendait pas ! Léo la posa contre la terre. Tic-tic. Tic-tic. Il avança tout doucement, l'oreille au ras du sol, et il arriva devant une grosse touffe de pâquerettes.
Dedans, il y avait la grande cloche dorée. Elle était couchée sur le côté, et un escargot dormait à l'intérieur.
— Oh ! dit l'escargot. J'avais trouvé une maison si bien ronde !
Il sortit ses cornes, et le « tic-tic » s'arrêta : c'était sa coquille qui cognait le métal.
Léo prit la cloche par la corde et la secoua.
Ding-dong !
Partout dans le jardin, les œufs se mirent à briller. Léo trouva le premier sous les pâquerettes. Il était bleu, avec des points jaunes.
Bérénice gloussa. L'escargot bâilla. Et la cloche chanta encore, longtemps, dans le matin tout doux.