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Imagination et émerveillementFrançais

Mina et le bateau sans voile

Mina était la seule pirate du port à avoir un bateau qui tenait dans une baignoire. Il était petit, rouge, avec un drapeau noir grand comme un mouchoir.

Ce matin-là, Mina voulait une chose : naviguer jusqu'à la grosse pierre ronde, au bout du lac, avant que le soleil soit tout en haut. Là-bas, disait-on, un trésor attendait. Un vrai coffre, peut-être.

Mais le vent soufflait fort. Il prenait la voile de Mina avant qu'elle puisse l'attacher.

« Reviens ! » cria Mina.

La voile s'envola, tourna, tourna, et se posa sur la tête d'un canard.

« Coin ! » fit le canard, très fâché.

Mina essaya de la rattraper avec sa rame. Elle ne toucha que l'eau. Plouf ! Elle essaya encore avec un filet à papillons. Le vent rit et emporta la voile un peu plus loin.

Mina s'assit au fond du bateau. Elle regarda son drapeau noir. Il claquait, bien tendu, tout droit vers la grosse pierre.

« Ah ! dit-elle. Le vent n'a pas pris mon drapeau, lui. Il le tient très bien. »

Elle réfléchit. Puis elle défit la ficelle de sa voile et l'accrocha au mât, juste sous le drapeau. Elle serra un nœud, puis un deuxième, puis un troisième.

Cette fois, le vent poussa. Le petit bateau rouge fila sur l'eau, léger comme une feuille.

« Hisse ! Hisse ! » chantait Mina.

Le canard suivait derrière, toujours fâché. Il voulait seulement rentrer chez lui, dans les roseaux, et le bateau allait dans la même direction.

Le bateau toucha la grosse pierre juste au moment où le soleil arrivait en haut. Il n'y avait pas de coffre. Seulement un trou tout rond, plein de petits cailloux brillants.

Mina en mit un dans sa poche. Le canard se coucha dans l'herbe, et le vent, enfin sage, fit danser le drapeau noir.