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Courage et peursFrançais

Lune et la lampe de mamie

Lune serrait son lapin en tissu et fixait le plafond de la chambre de mamie. C'était sa première nuit chez papi et mamie. Elle voulait dormir, mais le lit sentait la lavande, et pas du tout la maison.

« Je veux dormir ici, murmura Lune. Comme à la maison. »

Elle ferma les yeux très fort. Rien ne vint.

Alors elle compta les moutons. Un, deux, trois. Le quatrième mouton resta coincé dans sa tête. Elle rouvrit les yeux.

Dans le coin de la chambre, il y avait une grande armoire sombre. Lune la regarda. Elle ne voulait pas la regarder trop longtemps.

Tic-tac, tic-tac, faisait la vieille horloge dans le couloir.

Lune se leva sur la pointe des pieds. Le parquet fit « crrrac ». Elle s'arrêta, puis alla jusqu'à la porte, tout doucement.

Dans le salon, une petite lampe brillait encore. Mamie était assise dans son fauteuil, avec ses lunettes sur le bout du nez. Elle tricotait une longue écharpe jaune.

« Tiens, ma Lune ! dit mamie. Moi, je finis mon rang. Je ne dors jamais avant. »

Lune n'en dit pas plus. Elle regarda la lampe. Elle était ronde, avec un abat-jour couleur de beurre.

Elle eut une idée.

« Mamie, je peux l'emporter ? »

« Ma lampe ? Si tu la portes bien, oui. Je garde la lumière du salon pour mes mailles. »

Lune prit la lampe à deux mains. Elle retourna dans sa chambre, pas à pas, sans faire « crrrac ». Elle la posa devant l'armoire.

La lumière jaune monta sur le bois. Et Lune vit une chose drôle. L'armoire n'avait pas de monstre. Elle avait une poignée en forme de nez, et deux boutons qui ressemblaient à des yeux.

« Bonsoir, madame l'armoire », chuchota Lune.

Elle se glissa sous la couverture, avec son lapin. La lampe brillait doucement, comme un petit soleil de beurre.

Dans le couloir, tic-tac, tic-tac, l'horloge battait lentement. Lune écouta, et les tic-tac devinrent plus longs, et plus longs encore.