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Courage et peursFrançais

Lou et la girouette

Lou a une girouette sur son toit, et elle ne montre pas le vent. Elle montre ce qui est perdu dans le jardin. Chez Lou, tout le monde trouve ça normal.

Ce soir, c'est Pompon qui est perdu. Pompon est un lapin en tissu, tout mou, et Lou ne dort jamais sans lui. Le ciel devient gris, puis bleu foncé. Cric, cric, tourne la girouette, et elle pointe vers les groseilliers.

— Papa, je vais chercher Pompon, dit Lou.

— Vas-y, ma puce. Je prépare le lait chaud et je t'attends à la porte.

Lou prend la lampe. Elle fait trois pas dans l'herbe. Un coup de vent éteint la lampe, et le jardin devient noir comme l'intérieur d'une botte.

— Pompon ? appelle Lou.

Rien. Elle avance, les bras devant elle, les yeux grands ouverts. Elle ne voit même pas ses mains. Dong ! Elle se cogne contre le seau.

— Papa, j'y vois rien !

— Je suis là, dit Papa, de loin. Prends ton temps.

Lou s'assoit dans l'herbe. Elle ferme les yeux, puisque ça ne change rien. Et là, elle entend. Cric, cric, la girouette. Un grillon. Et, tout près, un tout petit tintement.

Le tintement ! C'est la clochette du ruban de Pompon.

Lou se met à quatre pattes et suit le tintement. Il va à gauche. Il tourne en rond. Il s'arrête, puis il repart. Elle sent le thym, puis quelque chose de piquant.

— Fff, fff, fait le quelque chose.

C'est un hérisson. Il renifle le sol et cherche des escargots. Sur son dos, bien planté dans les piquants, il y a Pompon.

— Bonsoir, monsieur, dit Lou. Vous portez mon lapin.

— Ah bon ? dit le hérisson. Moi, je cherche des escargots.

Lou tire Pompon avec ses deux manches, tout doucement. Le hérisson s'en va, très content de se sentir plus léger.

Un peu plus tard, Lou est au lit, le lait est tiède et la fenêtre reste ouverte. Dehors, le noir est doux comme une couverture. Cric, cric, fait la girouette, de plus en plus lentement, et sous la fenêtre, quelque chose renifle encore, fff, fff, dans l'herbe.