Saisons et météoFrançais
Le chêne de Lou
Au bout du chemin, il y avait un grand chêne, et sous le chêne, une petite cabane de jardin.
Lou habitait là avec son grand-père. Chaque automne, Lou voulait la même chose : voir la première feuille rouge. Elle l'avait promis à sa poupée de chiffon.
Ce matin-là, toutes les feuilles du chêne étaient encore vertes.
— Elles dorment, dit Lou.
Elle souffla vers les branches. Rien. Elle tapa dans ses mains. Rien. Elle secoua le tronc, et une seule chose tomba : un gland, plof, sur son nez.
— Aïe !
Un écureuil sautait de branche en branche. Il ne cherchait pas à aider. Il cherchait des glands pour son hiver, et il en faisait tomber un, puis deux, puis trois.
Lou réfléchit. Souffler ne marchait pas. Taper non plus.
— Peut-être qu'elles aiment la chaleur, dit-elle.
Elle posa sa poupée au soleil, sur une branche basse. Puis elle apporta la couverture du lit et l'étendit sous l'arbre. Les feuilles ne bougèrent pas.
Alors Lou s'assit sur la couverture et regarda longtemps. Elle remarqua quelque chose. Tout en haut, au bout d'une branche, une feuille avait un bord jaune, comme une tartine dorée.
— Là ! cria-t-elle. Elles ne dorment pas. Elles changent doucement.
L'écureuil s'arrêta, un gland dans la bouche. Il regarda Lou, puis la feuille.
Lou n'avait plus besoin de secouer. Elle avait seulement besoin d'attendre, et de bien regarder.
Elle s'allongea sur la couverture, sa poupée sur le ventre. Là-haut, la feuille jaune devint orange, très lentement. Le vent passa. Les feuilles firent chuut, chuut, chuut.
— Chuut, chuut, chuut, répéta Lou tout bas.
Une feuille se détacha, tourna, tourna, et se posa sur la joue de la poupée. Elle était rouge.