Aller au contenu

Petites premières foisFrançais

Le sac de Lou

Lou tenait son lapin en tissu très fort contre elle. Elle marchait vers la porte du docteur, un pas, puis un autre, sur le chemin de cailloux lisses.

« On y est presque, dit Papa. Tu veux bien porter ton sac ? »

Dans le sac, il y avait le carnet de santé et un biscuit. Lou voulait donner le biscuit au docteur, pour qu'il soit gentil. Mais le vent soufflait fort. Il prit le sac et le fit rouler dans l'herbe.

« Mon sac ! » cria Lou.

Elle courut. Le vent fut plus rapide. Le sac glissa sous les branches du grand saule, qui pendaient comme des cheveux.

Lou tira sur une branche. Le sac sauta plus loin. Elle voulut l'attraper avec son lapin, mais le lapin était trop mou. Flap ! Le sac s'arrêta sur une pierre ronde, puis repartit.

« Pas encore », dit Lou, et elle souffla.

Elle regarda le saule. Les branches se couchaient toutes du même côté, avec le vent. Elle remarqua que le vent s'arrêtait un tout petit moment avant de revenir.

« Papa, chut. On attend. »

Elle attendit, immobile. Le vent respira, puis se tut. Lou se jeta sur le sac et s'assit dessus, bien fort.

« Je te tiens ! »

Papa rit. Il ouvrit la porte du docteur, et Lou entra avec son sac sur le ventre, serré comme un trésor.

Le docteur avait une blouse blanche et des lunettes rondes.

« Bonjour, Lou. Qu'est-ce que tu as là ? »

Lou sortit le biscuit. Il était un peu cassé en deux.

« C'est pour vous. Il est tout rond, avant. »

« Merci, dit le docteur. Moi, j'aime beaucoup les biscuits en deux. »

Il posa son stéthoscope froid sur le cœur de Lou. Elle serra le lapin. Boum-boum, boum-boum, faisait son cœur.

« Tu entends ? dit Lou. Il court. »

« Il court bien, dit le docteur. Il est très fort. »

Dehors, le saule remuait doucement ses branches. Et dans la pièce, on entendait encore boum-boum, boum-boum, de plus en plus lentement.